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    June 07

    The Beekeeper (2005)

     
    En 2004, Tori se consacre à l'écriture de son nouvel album, "The Beekeeper", tandis que la tragédie frappe une fois de plus dans sa vie avec la mort par accident de voiture de son frère, auquel elle dédiera une chanson, ajoutée en dernière minute à l'album, "Toast". A nouveau, le disque repose sur un concept, certes plus vague que le précédent, mais bien existant : il est séparé en 6 jardins, auxquels se rattachent les chansons, selon leur style ou leurs paroles. Comme sur le précédent album, "Scarlet's Walk", on peut dire que Tori n'a pas pris beaucoup de risques, musicalement parlant, avec cet album, qui ne semble pas très innovant, surtout comparé à ses expériences électroniques fin 90's. Il s'agit donc encore d'un album très accessible, qu'elle qualifiera de "plus global".

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    Aucun single ne sera réalisé, mais trois chansons bénéficieront de passages radios, un peu comme des singles, et permettront de soutenir les ventes de l'album. "Sleeps With Butterflies", puis "Sweet The Sting" et "Cars And Guitars". 

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    Pour le clip du premier, "Sleeps With Butterflies", elle a laissé Aya Kato faire, avec tous ses arrangements visuels et ses bidouillages, à partir de dessins que l'artiste lui avait envoyés, et s'est prêtée à cette expérience à laquelle elle ne comprenait pas grand chose mais qui la fascinait. Il a eu l'idée des jumelles, pour matérialiser la présence des deux voix. Cette chanson appartient au jardin "Roses And Thorns", qui résume à lui seul le paradoxe de la beauté et de la douleur, de l'homme et de la femme. Elle pense que chacun expérimente dans sa vie ce type de mariage sacré (avec une ou plusieurs personnes), et voulait que ce jardin soit ceui de l'union.

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    Le clip de "Sweet The Sting" a été réalisé en fait lors d'une répétition pour un show à Londres. Elle a été impressionnée par ces chanteurs passionnés de Gospel qui donnent sans compter, et qui sont si professionnels. Elle a adoré relever le challenge, et cela a été magique pour elle. Cette chanson appartient au jardin "Elixirs And Herbs", qui est un endroit où elle explore la passion qu'une femme a pour ses croyances, l'homme qu'elle aime, ou les directions que prend l'humanité, et où elle s'autorise non seulement à guérir ses blessures, mais aussi à les laisser s'exprimer. Ce n'est pas forcément un endroit de victimisation, mais juste un moment où l'on peut être confronté à quelque chose qu'on ne contrôle pas. C'est une ancienne tradition de plusieurs siècles dont elle parle ici, qui affirme que pour atteindre le bien-être, la sagesse ne vient pas sans la douleur.

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    "Cars And Guitars" parle de cette façon qu'on peut avoir de s'énerver tout seul et de crier dans sa voiture "Pourquoi j'ai pas dit ça ?", "Pourquoi est-il si stupide ?"... Elle s'interroge sur le langage qu'il faut utiliser pour aborder le problème, celui que va comprendre le mec auquel elle s'adresse. Elle s'est dit qu'alors elle se ferait voiture pour lui, dans laquelle il peut s'installer pour avoir une conversation, ou bien guitare dont il pourrait jouer, et à laquelle elle prêterait attention à ce qu'il essaie de dire. Si seulement elle pouvait changer de forme, ils pourraient trouver un terrain de discussion, c'est là le thème de la chanson.

    Encore une page de tournée, Tori publie dans la foulée une autobiographie, "Pieces By Pieces", une anthologie, "A Piano : The Collection" sous forme de CD, ainsi que sous forme de DVD avec la sortie de "Fade To Red : Video Collection", dans lequel on trouve la plupart de ses clips à l'exception de 3. Une fois fait ce bilan, la voilà prête à prendre un nouveau tournant, et la voilà de retour cette année avec le projet "American Doll Posse", qui s'éloigne (enfin) des sentiers battus de ses deux derniers albums studio.

    Je vous mets en audio "Cars And Guitars", et aussi en Esnips.

     
    Tori Amos - Cars a...

    Biz'

    Cameron250

    June 05

    Tales Of A Librarian (2003)

     
    En 2003,Tori doit encore une compilation à son ancienne maison de disques, Atlantic. Elle décide d'y mettre des succès remasterisés, quelques faces B et même deux nouvelles chansons, mais rien n'émanant de "Strange Little Girls" (ne souhaitant y mettre que des compositions originales), ni de "Scarlet's Walk" (non édité chez eux). "Tales Of A Librarian" est organisé comme une bibliothèque, que Tori voit elle-même plus comme un "Best Of" qu'un "Greatest Hits", puisque, selon elle, il faut des top 10 hits pour faire un "Greatest Hits". Le titre qu'elle a trouvé pour cette compilation lui convient parfaitement, dans la mesure où elle a l'impression d'avoir toujours raconté sa vie à travers ses chansons, un peu comme une autobiographie.

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    Elle ré-enregistre "Mary" et "Sweet Dreams", qui venaient à l'origine de la session d'enregistrements pour "Little Earthquakes". Les deux nouvelles chansons sont "Snow Cherries From France", qu'elle travaillait depuis un moment, et "Angels", qui parle des votes pour Al Gore qui ont disparu lors des élections de 2000. "Mary" en est le seul single extrait, difficile à mettre en place car n'étant plus sous contrat avec Atlantic et n'étant dispo qu'en promo, et la chanson disposera d'un clip-patchwork de ses anciennes vidéos (voir ci-dessous).
     
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    Tori appréhendait de retoucher à tous ces moments de sa vie, elle craignait que cela n'amène de bons comme de mauvais souvenirs, mais finalement, cela s'est plutôt bien passé. Même pour "Me And A Gun". Tout cela était sa vie, son histoire, mais aussi son passé, et elle était bien plus heureuse avec son présent maintenant.
     
    Peu de temps après, en 2004, sort un DVD, "Welcome To Sunny Florida", qui contient un concert de 2h, sous la pluie (!), ainsi qu'un CD bonus de 6 chansons écrites pendant la période de gestation du projet "Scarlet's Walk".

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    Voilà pour cette brève période intermédiaire.

    Biz'

    Cameron250

    June 03

    Le concert !

     
    Eh bien, ça y est, c'est passé. J'y suis allé quand même, mais à vrai dire, je ne pouvais pas ne pas y aller. Je suis la petite rouquine où elle m'emmène musicalement depuis ses débuts, alors pas question de louper une fois de plus un concert... Rendez-vous compte, c'était mon tout premier concert de Tori Amos !!! Bon, je me reposerai ce week-end, et j'avais des circonstance facilitantes, vu la salle : Palais des Congrès. Cela signifiait places assises et moindre fatigue tout de même.
    J'ai réussi au moment de la vente des billets à persuader la DJette blonde de venir avec moi, il ne semblait rien avoir contre. Il a écouté l'album, et semblait même presque enthousiaste finalement à l'idée d'y aller. Ca ne l'a pas empêché d'avoir un doute de dernière minute en me disant qu'il espérait ne pas s'endormir !!
    On est arrivés aux portes de la salle à 19h58, mais il y avait déjà du bruit. Sur les billets c'était pourtant bien indiqué 20h, mais on sait jamais, avec le décalage horaire . Le mec de la première partie jouait déjà, et il a joué avec ses musiciens jusqu'à environ 20h30. C'était de la musique à tendance un peu folk, et finalement très dans l'esprit du single "Big Wheel", on comprend aisément pourquoi elle l'a choisi en première partie celui-là...
    Ensuite, on poireaute jusqu'à pas loin de 21h15, et là, le public commence à réclamer. Miraculeusement, comme en réponse à cette réclamation, le dame fait son entrée sur scène, sous les applaudissements.

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    Elle est habillée d'une tenue assez étrange, que n'aurait pas reniée Björk. Elle commence par "Bouncing Off Clouds" qui est le prochain single (ou en tout cas le prochain titre à passer sur les ondes), mais les effets de lumière la rendent fatiguante, car la lumière est constamment dirigée vers nous, le public, donc on ne peut pas voir grand chose et au bout d'un moment, on a même mal aux yeux. Heureusement, ça ne dure que le temps de la chanson, et les éclairages changent ensuite. Elle chante 5 chansons, puis s'éclipse le temps d'un "Professional Widow" remixé et joué par ses musiciens, avec des samples de sa voix, pour changer de costume, de piano et de perruque.

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    Elle revient avec une tenue toujours aussi informe, asymétrique au niveau des bras (un bras nu, pas l'autre) et toute dorée et brillante. Mais on s'en fout, Tori n'a pas besoin d'or pour briller avec les magnifiques chansons qu'elle nous a offertes, en commençant par "Big Wheel". Côté Set List, eh bien, tombé à côté je dois bien avouer, un titre sur 2 était vrai seulement.
    Il y a eu aussi un petit moment (3 ou 4 chansons) consacré à "T & Bö" (Tori et Bösendorfer, son piano), vous l'avez compris, un passage tout chant et piano, sans autres instruments. Encore de jolies perles, comme "Leather" (toujours du premier album), dans lequel elle s'autorise des libertés avec le rythme en le ralentissant d'un coup comme ça, histoire de montrer qu'elle fait un peu ce qu'elle veut et qu'elle arrive à nous surprendre avec des morceraux qui ont 15 ans, avant de reprendre aussi rapidement qu'avant ! Elle nous a chanté aussi une petite chanson sur Paris (non, pas Hilton)... Sympa...
    Les musiciens reviennent pour terminer le concert avec elle, et elle nous gratifie de deux rappels. Le premier avec "Precious Things" magnifique, et le deuxième avec "Take To The Sky" que j'adore (une B-side de la période de son premier album), pendant laquelle elle tape le rythme sur son piano avec sa main, ainsi qu'une fin en apothéose avec "Hey Jupiter". Ah petite anecdote, sur les dernière notes de la chanson de fin du concert (avant les rappels), d'un seul coup, plein de personnes se sont levées et ont descendu les marches, comme si elles avaient été briefées que c'était la fin, et donc le meilleur moment pour mieux se placer et bien profiter des deux rappels... C'était assez étrange tout de même ! Moi, j'ai fait le deuxième rappel debout, ben oui, faut ce qu'il faut !!!
    En vrac, on a pu entendre : "Code Red", "Parasol", "Garlands", "Lust" (une de mes préférées de l'album "To Venus And Back" et hmmm ces quelques notes de piano à la fin qui font tellement de bien...), "Little Amsterdam", "Doughnut Song", "God", et trois chansons qui ont enthousiasmé les fans de la première heure, "Crucify", "Cornflake Girl", et "Caught A Lite Sneeze". J'en oublie sans doute une ou deux, mais déjà il y a eu tellement de bonheur avec celles-là...
     
    En conclusion, même la mauvaise langue DJette blonde du début a déclaré avoir été "agréablement surpris", l'a trouvée assez calme mais aussi déjantée, je cite, et pour ma part j'ai passé un très agréable moment. Juste un peu déçu du peu de dialogue avec le public, il me semblait qu'elle était plus bavarde que ça...
     
    Enfin, un sacré concert, tu reviens quand ??
     
    Je vais me coucher, il est beaucoup trop tard, j'ai honte...
     
    Biz'
     
    Cameron250

    May 29

    LA SET LIST !!!!

     
    Voilà la Set-List du concert de Tori Amos !!! Vivement samedi !!!
     

    Body & Soul
    My Posse Can Do
    Programmable Soda
    Secret Spell
    Dragon
    You Can Bring Your Dog

    Interlude

    Big Wheel
    Crucify
    Liquid Diamonds
    Cornflake Girl
    Bells for Her
    Siren

    Solo
    Silent All These Years
    Cooling

    With Band
    Goodbye Pisces
    God
    Code Red

    Encore
    Precious Things
    General Joy

    Second Encore
    Hoochie Woman
    Hey Jupiter

    Trop content !! je révise maintenant !!

    Biz'

    Cameron250

    May 28

    Scarlet's Walk (2002)

     
    En 2002, Tori a donc trouvé une nouvelle maison de disques, Epic. Le choix de celle-ci plutôt qu'une autre, tient essentiellement à son premier contact avec la présidente du label, une femme qui croit en la liberté artistique et qui est carrément venue parler avec elle lors de sa grossesse.
    Tori sent qu'elle change. La maternité lui apporte une vision différente du monde, dans lequel elle n'a plus à être au centre de tout, mais au contraire à exprimer une nouvelle force en elle, protectrice et nourricière. L'écriture lui vient en tournée, alors qu'elle doit s'occuper de son Strange Little Tour et de sa fille toute jeune. Bizarrement les chansons semblent connectées entre elles, raconter une histoire. Cet album est l'histoire du voyage initiatique à travers les US d'une certaine Scarlet. Tori dira même qu'en parcourant la carte des Etats-Unis, c'était un peu comme si elle construisait sa propre carte à elle, sa "bodymap". Qui s'inspire de qui ? Scarlet de Tori ou Tori de Scarlet ? Au cours de son périple, ses rencontres changent la façon dont elle voit son pays et changent sa relation avec lui.

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    Cet album voit le retour de Tori à une style plus "classique", plus accessible en tout cas, loin des expériences technoïdes (que j'aimais bien cependant). Le piano redevient très présent. Cela rend l'album un peu décevant à la première écoute, toute cette inventivité qui semblait exploser de chacune de ses expériences sonores, manquait maintenant, enfin à mon avis. J'ai eu le sentiment d'un retour en arrière avec cet album. En l'écoutant maintenant, je me dis qu'il est tout de même correct, bien que moins intense que les autres, moins touchant, peut-être.

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    Deux singles on été extraits de cet album, même si au total 4 chansons ont tourné en promo sur les radios. Premier single, "A Sorta Fairytale" (114e US, 41e UK). Scarlet quitte Amber pour retourner à LA pour voir un homme qu'elle croit  pouvoir être le bon. Ils grimpent dans une voiture et foncent vers le Pacific Coast Highway, à la recherche de cette sensation illusive d'être ensemble, mais plus ils avancent, plus ils s'aperçoivent que c'était une erreur, et qu'ils n'ont que peu en commun. Le clip est à voir absolument. Tori y parle de l'incomplétude que l'on vit, et se dit que finalement, être entier, c'est toujours trouver une partie de son âme, et que, parfois, cela se fait avec l'aide d'un autre.
     
      
     
    A Chicago, Scarlet découvre qu'une de ses anciennes connassances, un homo, est mort. Il habitait Baton Rouge en Lousiane. Dans "Taxi Ride" (vidéo à gauche), qui a été diffusé en radio, elle fait le chemin pour visiter sa maison. Tori fait de cette chanson une célébration de la vie, tout en jouant avec la perception de son auditoire (elle le décrit comme "just another dead fag to you" = juste un autre pédé mort pour vous). La chanson va se révéler plus implicante pour elle lorsqu'un ami proche, parrain de sa fille, meurt d'une tumeur au cerveau.
    Dans "Strange" (en concert, à droite), en 2003, diffusé en radio également, Scarlet reprend la route et explore la Mémoire des Native Americans.

     
    Deuxième single, "Don't Make Me Come To Vegas", en 2003. Scarlet découvre que sa nièce de 18 ans, à Sin City, a des soucis et doit être sauvée. Mais elle doit affronter son passé pour cela, car un ex, the Prince of Black Jacks, s'occupe de la ville, et elle aura affaire à lui en y allant...
     
    Je vous mets "Don't Make Me Come To Vegas" en écoute dans le lecteur Windows Media, et dans un eSnips.
     
     
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    Biz'
     
    Cameron250

    May 26

    Strange Little Girls (2001)

     
    Tori a toujours été très inventive dans ses compositions, et cela lui a valu une grande reconnaissance. Elle ne s'est pas arrêtée là, s'appropriant le travail des autres pour des reprises hors du commun (je pense à "Angie" des Rolling Stones, ou encore "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana), imprégnées de son univers si particulier. Elle a transformé littéralement ces chansons en leur conférant une autre dimension. De cette capacité hallucinante à détourner les mélodies est né le projet d'un recueil de reprises. Tous les fans en attente étaient un peu déçus, forcément, quand on attend du nouveau matériel... Mais Tori, qui ne laisse rien au hasard, et qui est fascinée par la façon dont les hommes disent les choses et dont les femmes les entendent, décide de construire ce recueil sur un principe simple : interpréter d'un point de vue féminin des chansons purement masculines. Par exemple, "'97 Bonnie & Clyde" d'Eminem, qui raconte une espèce de rêve fou dans lequel il tue violemment sa femme, serait chanté depuis la perspective de la victime, et aurait une toute autre dynamique.

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    L'album "Strange Little Girls" est né. Pour l'occasion, Tori invente 13 personnages féminins pour incarner les 12 chansons de son album (l'une d'elles profitera de jumelles). Cette fois, elle explore le fossé entre les genres à travers le travail musical des autres, et se prête à la chanson comme on se prête à la comédie. Elle décide donc d'aller loin dans ce processus. Pour rendre le tout encore plus cohérent, elle a volontairement confié le choix des chansons à des hommes de son entourage, qui devaient lui en apporter une qui signifiait quelque chose pour eux, en tant qu'hommes, qu'elle soit apaisante ou dérangeante. Tandis qu'elle s'occupait de sa fille en bas-âge, elle a été confortée dans son idée de projet par les musiques qu'elle entendait à la radio, venant de groupes de hard rock comme de rap, qui marquaient encore plus la guerre entre les deux sexes.

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    Un seul extrait sort de cet album, c'est la chanson titre, "Strange Little Girl", une reprise des Stranglers de 1982. Le single ne sera pas beaucoup vendu, mais disposera quand même d'une vidéo. On sent bien que Tori aime cette chanson (et le groupe d'ailleurs), car c'est une des rares sur l'album où elle chante de façon légère, même si le sujet est grave, puisqu'elle parle de la fille d'un meurtrier qui finit par accepter son père et son passé. Ci-dessus, le personnage qu'elle incarne pour cette chanson. Dans la pochette de l'album, une prise de vue plus large laisse apparaître une impression sur son t-shirt "Satin Worship", et est accompagnée d'un texte "Whenever it rains you think of her" (qui n'est pas une phrase de la chanson). J'avoue, j'ai eu ça et d'autres cartes postales en allant au Virgin Megastore dans les jours suivant la sortie, on avait droit à ça "en édition limitée" pour tout achat de l'album. Le clip, comme d'habitude, n'a rien d'ordinaire, mais je vous laisse savourer.
     
    img519/9374/toriamosstrangelittlegivn5.pngLe pari fou de cet album, c'est que Tori a choisi d'être libre d'interpréter ces chansons choisies, sans être influencée par leurs auteurs ou leur avis sur la question. Elle a donc attendu la dernière minute pour leur demander l'autorisation nécessaire, le fameux copyright. Tous ont répondu par l'affirmative. Son seul regret dans cette aventure dans laquelle elle s'est tellement investie, c'est de n'avoir pas pu arriver au bout de certains projets, et en particulier de la reprise de "Fear Of A Black Planet" de Public Enemy. Elle a été surprise de toute cette entreprise : pensant découvrir des choses sur les hommes à travers ces chansons, elle a découvert des choses sur elle-même.
     
    L'album s'est bien classé à sa sortie, mais est vite redescendu dans les charts, et n'a pas pu être certifié disque d'Or aux US, ce qui est rare pour un de ses disques. On peut aussi expliquer ça par le fameux 11 septembre qui a secoué un peu les esprits, alors que la tournée de la miss commençait quelques jours plus tard. Cet album est le dernier sur son ancien label, Atlantic, auquel elle devait encore un album et une compilation (elle sort peu de temps après, en 2003). Elle quitte cette maison de disques deux mois seulement après la sortie de "Strange Little Girls", ce qui peut aussi expliquer le peu de promotion autour de cet album. Je vous reparlerai plus tard d'autres chansons de cet album, je finis d'abord mon tour chronologique de la carrière de la miss...
     
    Biz'
     
    Cameron250

    May 22

    To Venus And Back (1999)

     
    Après toutes ces émotions autour de l'album "From The Choirgirl Hotel", Tori choisit la voie du live pour l'album suivant. Elle veut fournir à ses fans des enregistrements live de qualité, plutôt qu'ils s'arrachent des bootlegs pourris à prix d'or. Je crois qu'elle aime bien tout contrôler, non ? (Un point commun). L'idée faisant son chemin, elle a ensuite pensé à y ajouter un 2e disque de "B-sides & rarities", comme on dit, histoire de rendre cet album un peu spécial dans le coeur de ses fans. Elle entre même en studio pour enregistrer un inédit, cadeau suprême pour tout fan qui se respecte. Et là, elle se laisse dépasser par les choses. Les chansons viennent à elle, et de 1, elle passe à 2, puis 4, puis 8, et finalement un album entier. Le tout est venu rapidement, et a été prêt très vite, et est donc sorti dès septembre 1999, sous la forme d'un double CD : nouvel album + album live.

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    "To Venus And Back" était né. Dans la lignée du précédent, Tori continue à explorer de nouveaux sons, alors qu'elle est fascinée par de nouveaux artistes comme Fatboy Slim, Armand Van Helden ou Moby (avec qui une collaboration ne pourra pas avoir lieu, faute d'emplois du temps compatibles). Ceci rend l'écoute de son album moins facile et aura sans doute dérouté certains fans de la première heure. Elle y gagne cependant en reconnaissance artistique, en s'éloignant de la traditionnelle comparaison avec Kate Bush. Quatre singles seront extraits de cet album.

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    "Bliss" (91e US) sort en août, avant l'album, comme de coutume. Cette chanson parle du fait que l'on est lié à un certain nombre de choses dans notre devenir, des choses contre lesquelles on ne peut rien : l'ADN, la figure de l'autorité (que ce soit le père ou quiconque d'autre). On ne peut se départir totalement de ce qui nous a façonné. C'est une chanson sur le contrôle, dira-t-elle.

     

    "1 000 Oceans" (22e US) suit en septembre, un magnifique slow. Elle y parle de la vie et de la mort. Cette chanson lui est venue lors d'un rêve où une femme africaine vient la voir et lui parler un langage qu'elle ne comprend pas. Ce rêve prend une nouvelle signification pour elle, alors que le père de son compagnon meurt. Elle réalise que pour lui, qui lui demande de la chanter souvent, c'est plus une lueur d'espoir.

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    "Glory Of The 80's" (46e UK, 81e Aussie, pas de clip) débarque en novembre. C'est une chanson dans laquelle elle parle de sa nostalgie de l'esprit décadent des années 80. On peut y voir une référence à son premier essai avec le groupe Y Kant Tori Read, avec ses cheveux ultra-laqués et ses grandes bottes moulantes, même si elle précisera tout de même que malgré son look très hard-rockeur, elle se plaçait plutôt du côté sorcière gothique. Eh oui, du gothique avant l'âge !!

     

    Dernier extrait, "Concertina" (48e US, pas de clip, donc une version live), en février 2000. Davantage dans le style de ce qu'elle faisait avant, on peut dire d'une certaine façon qu'elle rassure les fans, OUI, Tori sait encore composer des chansons dans lesquelles le piano a une place importante. On notera tout de même la présence (dans la version originale, bien sûr), d'electronic drums, que la chanson semblait vouloir. Tori dira qu'elle aime la dichotomie de cette chanson.

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    L'album ne s'est pas trop mal classé, compte tenu que c'était un double et donc qu'il était plus cher. Côté vie personnelle, c'est pas toujours rose avec encore une fausse-couche en novembre 1999. Elle finit par tomber enceinte et mettre au monde en Septembre 2000 une fille nommée Natashya. Côté musique, pendant cette pause (méritée après une tournée avec Alanis Morissette), elle livrera la chanson "Carnival" pour MI 2, le film avec Tom Cruise.

    Bisous ! Je retourne me reposer... Je vous mets "Glory Of The 80's", pas ma préférée, mais elle manque à l'article, dans le lecteur Windows Media, et en eSnips pour plus tard.

     
    Tori Amos - Glory ...

    Cameron250

    May 17

    From The Choirgirl Hotel (1998)

     
    L'écriture de ce quatrième album, "From The Choirgirl Hotel" (sans doute mon préféré) est venue à Tori comme ça, un peu de façon imprévue. Au cours de la tournée "Dew Drop Inn", suivant l'album "Boys For Pele", en septembre 1996, Tori tombe enceinte de son nouvel amoureux, Mark Hawley (qui s'occupait du son). Malheureusement, elle fait une fausse couche en décembre, alors qu'elle se préparait vraiment à la venue d'une fille qu'elle pensait déjà prénommer Phoebe. C'est à la suite de cet événement remettant en question une partie de sa féminité (la possibilité de mettre au monde), que les chansons arrivent à elle. Elle décide alors de partir en Floride pour faciliter le processus d'écriture, et d'aller ensuite se resourcer en Cornouailles, et auprès de l'océan, qui lui permet de relativiser certains déterminismes et de régler ses comptes avec Dieu. Entre-temps, elle est contactée pour écrire quelques morceaux pour la BO de "Great Expectations", dont elle a pu visualiser quelques extraits. Enthousiasmée, elle livre 3 chansons, "Siren", "Finn" et "Paradiso Perduto". Elle restera déçue par la version définitive du film.

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    Elle s'attèle enfin à l'enregistrement de l'album en octobre 1997. Celui-ci a vu le jour par à-coups, parfois elle et sa bande passent des jours en attendant que quelque chose arrive, et parfois tout vient naturellement. Le succès récent du remix de "Professional Widow" lui donne envie d'y mêler des sons électroniques. Cela est aussi parti de son souhait de jouer avec les autres musiciens, plus que de les voir jouer autour d'elle.

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    L'album sort le 5 mai 1998. Son premier extrait est "Spark" (16e UK, 49e US, 50e Aussie), qui parle de sa fausse couche. Etonnamment, elle réussit à en faire une chanson accrocheuse. Le clip, lui, est plutôt sombre puisqu'elle a été kidnappée et tente de s'échapper...
     
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    Le deuxième single est résolument plus orienté dance. Il s'agit de "Raspberry Swirl" (57e Aussie). Elle parle de ses relations avec ses amiEs. Elle souhaitait explorer le sentiment qui l'unissait à elles, le fait de pouvoir les aimer et de vouloir être là pour elles, sans qu'il n'y ait rien de sexuel, et le fait qu'émotionnellement elle soit amenée à jouer de rôle de l'homme après un coup dur pour l'une d'entre elles. Le tout étant d'être compréhensif...

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    Le troisième extrait est une ballade, "Jackie's Strength" (54e US), qui parle de Jackie Kennedy et de mariage (d'où le clip). Elle était sensible au fait qu'une telle institution ne soit plus prise au sérieux par tant de personnes. Jackie l'a inspirée déjà du fait qu'elle se souvient de l'avoir vue en costume de mariée, et de s'être dit qu'elle ne se marierait sans doute jamais, et aussi de la façon dont elle a mené le pays après avoir vu son mari tué devant ses propres yeux.

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    Le quatrième et dernier single, "Cruel" (38e US), contient des remixes de "Raspberry Swirl", mais n'a pas pu disposer d'une vidéo. L'atmosphère étrange qui s'y dégage en fait une vraie réussite de ses expérimentations sonores, et est vite devenue une de ses favorites. En 1999 sort une série de remixes de "Jackie's Strength".

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    Tori Amos convole en justes noces avec son chéri juste avant le lancement de l'album, un mariage privé, lors duquel elle quitte l'église à bord d'une cariole emmenée par deux chevaux noirs... Elle dira elle-même qu'il y a quelque chose de magique là-dedans... Pour l'artwork, elle s'est fait photocopiée à l'aide de la photographe Katerina Jebb, chaque cliché nécessitant environ 7 minutes. Cela donne à l'album un look hors du commun. Perso, j'apprécie énormément. L'album se vend mieux que le précédent, dès la première semaine, même s'il ne réalise pas le même score dans les charts. Elle enchaîne avec une tournée, "Plugged '98". Le nom de la tournée vient d'une boutade lors de son MTV Unplugged enregistré peu après "Boys For Pele". Tori relatait sa surprise à la demande de MTV de faire un "Unplugged" (littéralement "débranché", donc acoustique), alors qu'avec la plupart de ses chansons jusqu'alors, elle avait plutôt déjà l'impression de jouer acoustique, et se demandait s'il n'aurait pas été plus logique de lui demander de jouer "Plugged". J'ai cet enregistrement chez moi, et vraiment elle s'en amuse.
     
    Je vous mets Cruel dans le lecteur Windows Media, et aussi en eSnips histoire de l'avoir encore à disposition après.
     
     
    Tori Amos - Cruel....
     
    Biz' à tous les Toriphiles...
     
    Cameron250

    April 28

    Big Wheel

     
    Toujours là quand il faut nous surprendre, Tori Amos nous livre le clip, un peu étrange, constitué à partir de photos prises pour son dernier album "American Doll Posse", et dans lequel on voit donc les 5 identités que prend Tori, puisque c'est le concept de l'album : Santa, Clyde, Isabel, Tori, et Pip.

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    Le style de la chanson est franchement inhabituel, encore une sacrée surprise...
     
     
     
    Il semble qu'elle ait été boudée chez nos amis puritains, à cause de l'expression "MILF" répétée plusieurs fois et jugée choquante. Il faut savoir qu'une MILF c'est une fille qu'on a envie de sauter, qui serait plutôt de l'âge de notre mère. MILF = Mother I'd Like to Fuck. Je ne connaissais pas l'expression, mais bon... Y'a pas de jour ni de moment pour se cultiver ! Il paraît même que maintenant c'est très utilisé sur les sites de porno pour désigner des femmes entre 35 et 50 ans. Youki !!
     
    Biz'
     
    Cameron250
    April 11

    Boys For Pele et Blue Skies

     
    En 1996, Tori Amos sort son 3e album, "Boys For Pele". Son nom provient d'une déesse hawaïenne du feu pour laquelle des garçons étaient sacrifiés en étant jetés dans le feu du volcan. Aucun lien, donc, avec le joueur de foot . L'album parle du pouvoir et de la souffrance d'être une femme. Ecrit suite à la rupture d'avec son ami de l'époque (une relation de 7 ans les unissait), elle en dira que c'est un album qu'on comprend quand on sait ce que c'est de se vouloir l'autre désespérément. Elle décidera aussi d'y mêler d'autres sons, comme le clavecin, qui donne tout de suite à ses chansons une autre dimension.

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    L'album a été enregistré en Louisiane et dans une église près de Dublin, selon la bonne vieille tradition du "il faut que je parte pour enregistrer". Il a livré 5 singles.
     
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    Le premier, "Caught A Lite Sneeze", s'est classé 20e Uk et 60e US. La chanson parle de l'incapacité ou du manque de volonté à mettre un terme à une relation qui ne fonctionne pourtant plus, de façon évidente. On préfère parfois lâchement s'accrocher aux habitudes, à la routine et à la sécurité, en espérant que quelque chose arrivera qui la sauvera. On se contente d'un grand rien, en pensant ne pas avoir les outils pour en finir. Elle parle de la difficulté de choisir un autre chemin tant qu'on n'est pas descendu assez bas, et qu'on ne s'est pas tout pris en pleine face.

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    Le deuxième, "Talula" (22e Uk, 119e US), a bénéficié d'un remix pour sa sortie en CD, le fameux "Tornado Mix". Cette chanson intervient à un moment où, dans son flot de composition, elle décide de se reprendre et de ne plus se sentir comme une victime. Elle fait ici référence à Anne Boleyn, deuxième femme d'Henri VIII, qui a été décapitée car elle ne lui donnait que des filles. C'est une femme de caractère et c'est pour cela que la chanson, au lieu de parler de deuil, ressemble plus à un moment de guérison. La chanson bouge un peu plus qu'à l'accoutumée, mais elle a son rythme bien à elle. On trouvera sur le Maxi CD un remix de BT, première collaboration entre les deux, et sans doute premier pied de Tori dans l'électro.

      Hey Jupiter EP

    Troisième extrait, "Hey Jupiter" (20e UK, sorti avec une version live de "Professional Widow") bénéficie aussi d'un remix pour sa sortie, la "Dakota Version", qu'on retrouve bien sûr dans le clip. L'écriture de cette chanson lui est venue à un moment où elle était au plus bas, se sentant terriblement seule, peu de temps après sa rupture. Ayant envie d'appeler son ex, mais sachant bien qu'elle ne pouvait pas, n'ayant pas d'amis à appeler... On connaît tous ce genre de moments où on touche vraiment le fond. C'est sans doute pourquoi "no one's picking up the phone"... Une très belle mélodie, qui m'a beaucoup ému, un texte très touchant, la tristesse est presque palpable dans cette chanson. Ah Tori sait faire des miracles, oui !! le clip est très beau aussi, de somptueuses images. Si vous prenez le temps de regarder la vidéo, prenez le temps de vous poser et de la regarder en entier, on sent vraiment l'ambiance nous pénétrer...
     
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    Décidément abonnée aux remixes, Tori Amos sort une version totalement différente de celle de l'album de son quatrième single, "Professional Widow" (je vous met la version originale en écoute), seul titre de la miss à avoir été classé chez nous (35e, 1er UK et 108e US, même si n°1 des clubs US) avec "Crucify". c'est le célèbre Armand Van Helden qui s'y est collé et on peut dire que ça déménage. Bien que Tori l'ait démenti, il semblerait que cette chanson soit écrite au sujet de Courtney Love, en raison du triangle qui les liait toutes les deux à Trent Reznor, le chanteur du groupe Nine Inch Nails. Selon les dires de Courtney, une autre fille (en l'occurrence la description correspondrait à Tori) serait arrivée à l'improviste chez Trent, qui aurait changé les clés et son numéro de mobile, en essayant de rentrer, alors que Trent était "occupé" avec elle. Toujours est-il que certaines des paroles évoquent la fameuse Courtney et son défunt mari... "honey bring it close to my lips / yes / don't blow those brains yet" serait une référence au sautage de cervelle de feu Kurt Cobain... Bref que des choses fortement sympathiques entre elles deux, et cela ressort bien dans la version originale, où on a l'impression qu'elle matraque le clavecin, moi j'ai adoré !! Emotions fortes au rendez-vous...

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    Dernier single, encore un remix, avec "In The Springtime Of His Voodoo" (pas de clip), un des morceaux les plus inventifs de l'album, qui regorge de trésors, même s'il est difficile d'écoute. Il s'est classé 120e aux US, et tout de même 6e dans les clubs US. Je vous mets donc la version originale, qui commence par des murmures incompréhensibles, et la version remix qui a fait danser les US. La demoiselle ne renie pas avoir eu recours aux substances illicites durant l'écriture de son album, champignons hallucinogènes et autres... Elle aurait même "pris le thé avec le diable"...
     
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    Forte de sa première collaboration avec BT, celui-ci souhaite inclure une chanson avec elle dans son premier album, et il lui demande donc d'enregistrer une mélodie ou simplement des airs qui lui trottent dans la tête. Elle lui envoie. Lui, avec ses ordinateurs et en fin bidouilleur professionnel, "déconstruit" le travail de Tori, et "construit" une chanson qui s'appellera "Blue Skies". Il faut savoir qu'à l'origine, à aucun moment les mot "blue" et "skies" n'apparaissaient côte à côte. Un bon travail qui mènera BT featuring Tori Amos à la 1e place des clubs US, et à la 26e place des charts UK.
     
    Durant cette période, Tori s'investit beaucoup auprès de la RAINN, une association qui tente de faire le mieux pour les victimes d'abus sexuels (viol, inceste, etc.). On comprend bien son engagement dans la cause (voir premier billet sur "Little Earthquakes" et la chanson "Me And A Gun").
     
     
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    Voilà, bonne écoute. Et un petit cadeau : un enregistrement bootleg de sa tournée "Dew Drop Inn Tour" le 20 juillet 1996, aux US.

    Biz'

    Cameron250

    March 28

    Under The Pink (1994)

     
    Nous avions laissé Tori à Londres, où elle pouvait savourer le succès d'un premier album reconnu mondialement, bien au-delà de ce que pouvait en espérer sa maison de disques. La cession de travail pour ce deuxième album aurait pu ne pas se dérouler dans la sérénité puisque ses producteurs essaient de lui imposer des gens avec qui travailler, et qu'elle leur répond avec cet ultimatum : laissez-moi travailler comme je veux, ou bien je brûle mes démos. De plus, Tori est confrontée pour la première fois à un blocage : celui de l'écriture et de la composition. Elle sent qu'elle doit aller exprimer sa créativité ailleurs, et elle sait que c'est au Nouveau Mexique. Effectivement, une fois arrivée là-bas, les mélodies au piano (c'est toujours par là qu'elle commence) arrivent à elle.

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    Cet album s'appelle "Under The Pink" parce qu'elle a senti qu'elle devait aller bien au-delà de la chair, de la peau, et entrer au plus profond d'elle-même pour offrir le meilleur. Il se placera directement 1er des ventes UK à sa sortie et fournira 4 singles. Il a pour thème principal la survie après des choses difficiles subies, sans sombrer dans la folie.
       
       
     
    Avec "Cornflake Girl", le premier single, que beaucoup d'entre vous doivent connaître, on aborde l'un des thèmes de l'album, la trahison entre femmes. Cette trahison lui paraît d'un poids considérable, considérant que celle venant des hommes est, d'une certaine façon, attendue, mais qu'il n'en est pas de même pour celle venant des femmes. Elle y parle de deux types de femmes, les cornflake girls, à l'esprit et au corps étroits, dures et cassantes, et les raisin girls, plus rondes, douces à l'intérieur mais à la peau dure. Elle-même se voit comme une raisin girl. La trahison de cette chanson lui a été inspirée d'un ouvrage qu'elle a lu, parlant d'excision. Elle a été choquée de constater qu'une mère pouvait laisser faire cela à sa fille. Le single s'est classé 4e UK.
     
       
     
    Le deuxième extrait de l'album, "God", explore ses rapports avec la religion. Fille de pasteur, elle s'est dit que l'homme avait été créé à l'image de Dieu, et que donc, si l'homme pouvait avoir certains plaisirs, pourquoi pas Dieu ? Certains y ont vu une critique anti-religieuse, alors qu'elle fait un simple constat :  peut-être que Dieu a besoin d'un "blowjob" ? Elle ne s'apesantit pas sur cette remarque, mais renchérit en disant que très certainement il a besoin d'une femme à ses côtés. Les radios ont eu quelques problèmes à passer la chanson, à cause de cette guitare utilisée de façon inhabituelle. Le single ne s'est classé que 44e UK.
     
       
     
    Le troisième extrait s'appelle "Pretty Good Year". Ne pas se fier au début tout doux de la chanson, elle finit par bien déménager. Elle lui a été inspirée par une lettre qu'elle a reçue d'une fan, pendant sa tournée de "Little Earthquakes", qui paraissait peu enjoué de sa vie, un certain Greg, une vingtaine d'années. On retrouve son nom dans les paroles, et Tori a été touchée de voir qu'il y a avait bon nombre de jeunes de son âge qui pensent que tout est fini et que leur vie est terminée. Le single se classe 7e des ventes UK.
     
       
     
    Le quatrième et dernier extrait de cet album est la chanson "Past The Mission". Tori a su qu'il lui fallait l'aide d'une voix masculine pour soutenir la sienne (surtout après un bref incident qui lui a fait peur, peur de perdre la voix à jamais), et que cette voix devait être celle de Trent Reznor, le chanteur de Nine Inch Nails. Elle a su dès le début que par l'énergie et la force brutale, cette rage et cette colère qu'il dégage avec son groupe, lui seul pourrait apporter ce constraste de douceur, une douceur qui signifierait vraiment quelque chose, celle qui vient de quelqu'un qui est tout autre chose... Sa présence collait bien avec le thème de la chanson, une fille qui essaie tant bien que mal de travailler, si fort, bien qu'étant une victime. Le single se classe 31e UK.
     
    En parlant de rage et de trahison entre femmes, vous vous devez d'écouter le morceau "The Waitress", incroyable de férocité lorsqu'elle se déchaîne, et directement inspirée d'une "waitress" justement. Une altercation qu'elle a eue pendant laquelle elle s'est sentie envahir d'une furie, d'une violence inouïe, à vouloir la projeter contre les murs, alors qu'elle se sait plutôt apaisante et médiatrice dans la vie, du style on s'asseoit et on en parle calmement... Quel contraste, qui ressort évidemment dans la chanson quand elle crie "i believe in peace bitch". Je vous mets le morceau dans le sSnips. Ecoutez attentivement dès le début on peut sentir que ça va péter...
     
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    Bref une Tori Amos toujours à fleur de peau et toujours aussi émouvante. En cadeau, un bootleg de Tori en concert en octobre 1994 pour sa tournée "Under The Pink".
     
    Bonne écoute et/ou découverte.
     
    Biz'
     
    Cameron250
    March 11

    Little Earthquakes (1992)

     
    Après son expérience ratée avec le groupe Y Kant Tori Read (mais que les fans considèrent comme une époque d'essais, où finalement, on retrouve bien les éléments qui constitueront son style, et il lui arrivera même parfois de reprendre quelques unes de ces chansons en live), Tori se retrouve bloquée avec son contrat de 6 albums, et la maison de disques qui pousse pour un nouvel album rapidement. Elle commence à travailler sur des démos qu'elle leur propose, mais qui ne les satisfont pas. Le truc de la fille au piano ne les séduit pas et ne semble pas assez vendeur.

    Image:Lecover-big.jpg

    Tori doit alors se battre pour faire exister son identité musicale, et Atlantic finit par concéder qu'elle pourrait être vue comme la nouvelle Joni Mitchell (vous savez, celle dont Janet avait repris le sample dans sa chanson "Got 'Til It's Gone"). Mais ils estiment qu'elle ne peut pas toucher directement le marché américain, et qu'il lui faut passer d'abord par le Royaume-Uni, qui créera le Buz et lui permettra de toucher les US par ricochet. Voilà donc Tori exilée en UK. Elle y joue dans des clubs et parfois même chez elle. Elle finit par sortir "Me And A Gun", un morceau sur lequel elle chante a cappella et qui raconte un viol qu'elle a subi à LA à 21 ans... C'est une chanson très touchante, on sent vraiment à l'écoute une émotion très forte, quelque chose de poignant, et sa voix qui devient fragile au point qu'on a l'impression qu'elle va se mettre à pleurer. Vraiment un monument à mon avis, un passage obligé, même s'il est difficile d'écoute.

    Image:Me and a Gun single cover.jpg

    Elle persiste et signe, et sort à nouveau cette chanson, mais en tant que B-side du premier single qui va la lancer, enfin, "Silent All These Years", qui devient en quelque sorte sa marque de fabrique. Elle a écrit la mélodie sans penser au début la chanter elle-même, lors de ses tâtonnements pour trouver son identité musicale, et les riffs de piano constituent la partie qui lui est venue le plus naturellement. Elle en parle comme de la chanson du choix de cesser le silence, et d'écrire des chansons qui lui ressemblent. C'est au moment où elle a accepté de la chanter qu'elle a pu écrire les paroles qui vont avec. Le single resort en 1992, après "Crucify", et se classe 26e.
     
     
    Image:Tori-SATY-UKpt2.jpg Image:Tori-SATY-US-RAINN.jpg

    "Silent All These Years" lui apportera un début de reconnaissance en aparaissant en 51e place des charts. Tori sort enfin l'album "Little Earthquakes", un véritable bijou, à peu près en même temps que son troisième single, "China", en janvier 1992. Cette chanson écrite à la va-vite histoire d'avoir suffisamment de chansons à présenter à ses producteurs parle d'un amour perdu et a failli s'appeler "Distance" tant le concept y est présent. Comme la précédente, elle peine à accéder aux charts, en ne se plaçant que 51e.
     
     
     Image:Chinatoriamos.jpg
     
    L'album se classe très bien, allant même jusqu'à la 14e position. Le single "Winter" commence à la faire repérer et se classe déjà 29e des charts. Perso, une de mes chansons préférées de cet album...
     
     
    Enfin, et, comme disent les anglais "last but not least", sort le dernier extrait de cet album, "Crucify" (15e UK). C'est la chanson qui me l'a fait découvrir, et pas seulement moi, j'imagine. On a commencé à l'entendre partout et ça a été un véritable succès. J'ai bien aimé naturellement, et, quand un ami à moi m'a fait écouter l'album, je suis tombé sous le charme, et j'ai foncé direct à la Fnac pour l'acheter et l'écouter en boucle. Le single de "Crucify" contient deux superbes reprises dans le style inimitable de Tori : "Angie" (Rolling Stones) et "Smells Like Teen Spirit" (Nirvana), un must-have !!!
      Image:US Crucify single Tori Amos.jpg
     
    Finalement, le single "Silent All These Years", est resorti en 1997, histoire de récolter des fonds pour une association tenant vraiment à coeur à Tori et on comprend pourquoi, la RAINN (Rape, Abuse and Incest National Network) (Rape, ça veut dire viol en anglais, le reste est aisément comprehensible).
     
    En écoute, je vous mets "Me And A Gun", pas très facile d'écoute, et un peu déprimant, mais réellement un monument d'émotion, prévoyez les mouchoirs...
     
    Bonne écoute !
     
    Biz'
     
    Cameron250
     
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    update 22h20
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    Je vous propose une chose rare que vous saurez apprécier, c'est un bootleg de Tori Amos en concert en 1992, des morceaux pris lors de différentes prestations scéniques, plutôt en début d'année (janvier/février 1992). Vous pourrez y découvrir des chansons de l'album "Little Earthquakes".
     
    Bonne écoute !
     
    Biz'
     
    Cameron250

    March 07

    Les débuts...

     
    Myra Ellen Amos, de son vrai nom, a tout d'une enfant prodige... Elle commence le piano très jeune et compose dès l'age de 5 ans des mélodies, sur lesquelles elle pose des textes dès 9 ans ! Elle rentre au conservatoire à 5 ans ! A 13 ans, elle commence à jouer dans les piano-bars.
     
    A 17 ans, elle co-écrit la chanson "Baltimore" qui remporte un concours et est même sorti en single à petit tirage.
     
    En 1985 elle signe un contrat pour 6 albums avec Atlantic Records et sort son premier (et introuvable) album avec son groupe Y Kant Tori Read. L'album se vend mal et n'est pas épargné par la critique... Deux singles...
     
    Voir un ancien article que j'avais écrit à ce sujet...
     
    Voilà pour les débuts, d'avant la célébrité de la miss Tori.. En écoute dans le lecteur Windows Media, le deuxième single de l'album, dont aucun clip n'est disponible : "Cool On Your Island". Très 80's !!
     
    Un peu plus une autre fois . Amusez-vous avec le clip...
      
    Biz'
     
    Cameron250